Quand TechCrunch dérappe…


Alors là, c’est trop trop fort ! 


Désolé, je suis off-topic sur mon propre blog, mais je ne peux pas laisser passer ce qui suit sans commenter : Dans un billet récent, TechCrunch US se réjouit du fait que les ventes de CD musicaux sont en chute -20% par rapport à l’année dernière. Le billet entier (traduit par Ouriel) est lisible ici : ” Bonne nouvelle: les ventes de CDs sont en chute de 20% depuis l’an dernier “. Accessoirement, ça signifie aussi que le manque à gagner pour les artistes doit aussi être de l’ordre de -20%.


Lisez simplement le dernier paragraphe, il n’y a rien qui vous fait tiquer ?



(…) ” Et le prix marginal de la musique enregistrée continue de tendre vers zero, son prix naturel, ce qui veut dire que les groupes et artistes devront faire de l’argent ailleurs. Les concerts live deviendront de plus en plus populaires et deviendront la principale source de revenus pour bien des artistes. La musique enregistrée sera utilisée pour promouvoir ces évènements. Et les meilleurs artistes continueront de bien gagner leur vie comme cela. Et d’autres devront décider si l’amour pour l’art est suffisant pour les faire vivre. ” (…)


Alors, selon Michael Arrington de TechCrunch, les revenus des Artistes ne devraient plus venir que des concerts live (pour lesquels ils effectuent une prestation à chaque concert) et non plus de CD dupliqués avec un coût de production du support très faible, pour une travail effectué une seule fois et reproduit ensuite à l’infini.


C’est exactement la thèse du logiciel libre : Le logiciel doit être donné et les développeurs doivent se rémunérer sur des prestations de conseil ou de formation.


Tout ceci, c’est la vieille thèse de Karl Marx qui oppose selon ses propres termes le “travail mort” au “travail vivant”. Si, si, faites une recherche rapide si vous ne me croyez pas. Ca me plait, ça m’amuse…


Je souligne aussi au passage une erreur de traduction : “Popular artists will still make a very, very good living” fait bien référence aux artistes les plus populaires (vous connaissez la Star’Ac ?) et pas nécessairement aux “meilleurs” comme nous le dit la version Française du billet…


Je signale à mes amis crypto-communistes de TechCrunch que la Musique et l’Art sont des choses totalement superflues, et que s’ils n’ont pas les moyens d’acheter un CD pour rémunérer l’artiste dont l’oeuvre leur procure du plaisir, il peuvent toujours écouter la radio, c’est GRATUIT ! Et puis c’est pas ce qui manque, les artistes “populaires” à la radio, y’a que ça !


[Edit] : Même commentaire chez Julien 😉

Comments (5)

  1. genium says:

    >Christophe a écrit:

    >C’est exactement la thèse du logiciel libre : Le logiciel

    >doit être donné et les développeurs doivent se rémunérer

    >sur des prestations de conseil ou de formation.

    Non, le logiciel libre repose sur 4 principes:

    – liberté d’exécuter un programme, dans n’importe quel but.

    – liberté d’étudier le fonctionnement d’un proramme, et de l’adapter à ses besoins. L’accès au code source est une condition à cette liberté.

    – liberté de redistribuer des copies pour aider son voisin…

    – liberté d’améliorer le programme, de redistribuer ces modifs au public, et ce pour le bénéfice de la communauté toute entière. L’accès au code source est une condition à cette liberté.

    Le logiciel ne doit donc pas être donné puisque les acteurs agissent en communautés et gardent la propriété en commun. C’est la base du véritable libre-échange, non plus fondé sur la compétition, mais sur la coopération. C’est l’histoire des systèmes gnu/linux, du kernel linux, d’apache, de wikipédia… j’en passe et des meilleures. C’est différent du modèle gratuit style Windows Live… Ce modèle Libre est une réalité, n’en déplaise à Microsoft. Chacun sa vie, mais de grâce, vous devriez arrêter de faire le procès du Libre. Ce temps là est dépassé…

    >Christophe a écrit:

    >Lisez simplement le dernier paragraphe,

    >il n’y a rien qui vous fait tiquer ?

    oui, car la confrontation des 2 mondes est malsaine; pour ma part, j’espère que le public va progressivement se détourner de l’ancien régime, et s’orienter vers les artistes libres; cela dit, le début de l’analyse est bonne puisque la survie des Majors repose aujourd’hui sur le maintien artificiel de la rareté (le CD face à la reproduction infinie pour un coût nul…), sans parler de l’utilisation des mesures techniques de protection (DRM)…

    Je ne suis pas artiste, mais j’ai la sensation que la culture libre va se développer comme le logiciel libre il y quelques années… Il n’y aura plus de problèmes lorsque les artistes migreront massivement vers une économie de la culture fondée sur les communautés, l’échange et le partage (sous licences Creative Commons, Art Libre…). L’obscurantisme actuel va cultiver le côté rebelle de ces artistes, peut être un mal necessaire pour des oeuvres d’un nouveau genre…. Mais la culture libre sera décriée, comme le fut jadis le logiciel libre…

    >Christophe Lauer a écrit:

    >il peuvent toujours écouter la radio, c’est GRATUIT !

    Bah, mieux vaut se diriger vers les platemformes de type Jamendo, c’est LIBRE!

    http://www.jamendo.com/fr/

  2. CLaueR says:

    Merci pour ce commentaire.

    Il n’empêche que – si j’ai bonne mémoire – l’idée que les développeurs devraient se rémunérer sur du service, conseil ou de la formation et non plus sur la vente de licences de logiciels figure dans le GNU Manifesto.

    Quant à votre vision du futur des artistes "libres", c’est votre opinion et elle vous appartient, mais je ne la partage pas.

    Cdt,

    /CL

  3. Salut,

    J’avais écrit un billet sur ce pseudo phénomène… je cris que ce qu’il manque à cet article c’est simplement de poursuivre sur les nouveaux moyens qui permettent aux artistes de vendre leur musique… iTunes, Fnac.com, virgin.com etc. La vente de la musique en ligne permet aussi de ré-équilibrer la baisse des CD…

  4. CLaueR says:

    Oui, clairement, pour moi Arrington se plante complètement là.

    Justement, avec le web façon 2007, c’est une énorme opportunité pour tous les artistes de se faire connaitre (qui ignore encore le phénomène MySpace dans ce milieu ?) et aussi de toucher un public restreint (ce qu’on appellerait un marché de niche dans le e-commerce de biens matériels) tout en disposant de moyens simples à mettre en oeuvre pour être rémunérés sur la vente de leur musique.

    Le modèle basé uniquement sur les concerts Live est inepte.

    Je connais une DJ New-Yorkaise à qui j’ai déjà acheté 3 CD via PayPal. Simple et efficace. Pur modèle de long tail.

    Est-ce que j’aurais pour autant cassé par tirelire pour m’offrir un vol Paris/NYC pour aller l’écouter se produire dans un club? Non, je ne suis sans doute pas fan à ce point…

  5. Pascal Belaud says:

    Quelle connerie cette affaire de concerts live pour rémunérer les artistes. Le mec qui a écrit ça ne connait rien à la zique et ses à-côtés, ce n’est pas possible…

    Par exemple, quand on pense que la première tournée au cours de laquelle le groupe Queen a pu faire des revenus a été la tournée de 1986 (celle de l’énorme concert à Wembley avant sa destruction) et que jusque là, ils perdaient de l’argent (en prenant ça sur leurs ventes de disques of course).

    Queen s’est formé en 1970 et heureusement qu’ils n’ont pas écouté ces thèses bidon, parce que sinon ils n’auraient jamais pu exister, pour notre plus grande déception.